Le Niger économique

Les 13 et 14 décembre, Paris accueille la « Conférence de la Renaissance » qui comprend une rencontre de haut niveau des bailleurs du Niger et un forum des investisseurs, sous la présidence du Chef de l’Etat, le Président Mahamadou Issoufou.

« Le Plan de Développement Economique et Social (PDES) 2017-2021 est le premier plan quinquennal de l’opérationnalisation de la Stratégie de Développement Durable et de Croissance Inclusive (SDDCI) Niger 2035, adoptée par le Niger le 9 mai 2017. Ses fondements reposent sur l’affirmation de notre volonté de transformation qualitative à tous les niveaux et de notre désir d’éradiquer la pauvreté et les inégalités. », a déclaré M. Issoufou

« Le PDES 2017-2021 permet une modernisation de l’économie nigérienne dominée par le secteur primaire rural en une économie où les secteurs secondaire et tertiaire deviennent prépondérants, où la croissance économique permet de générer des emplois décents, notamment pour les jeunes, où le secteur privé joue son rôle de moteur de relance économique. »

Il est donc intéressant de se poser la question de savoir quelles sont les opportunités pour les investisseurs étrangers au Niger ? L’agence UMOA – Titres a répondu fin 2016 :

« Fort d’une population avoisinant les 20 millions et d’un taux de croissance estimé à 5 % en 2016, le Niger devrait devenir une plaque tournante de l’économie sahélienne. Malgré les aléas climatiques et un environnement extérieur difficile, notamment à cause de l’insécurité grandissante dans les états frontaliers, l’économie nigérienne connaît une performance satisfaisante grâce, notamment, à l’augmentation des investissements publics. »

En 2015, le poids du secteur tertiaire sur le PIB était de 46 %. Bien que les prévisions pour 2016 et 2017 présentent une tendance baissière, soit respectivement 44,4 % et 42,7 %, ce secteur demeure le plus dynamique. Cette performance est due notamment aux activités de transport et d’entreposage ainsi qu’à l’administration publique. Le poids important du secteur informel, qui reste à déplorer, représente aussi une manne à exploiter.

Le secteur secondaire : Les performances de ce secteur sont principalement liées aux activités d’extraction dont celles du pétrole, de l’uranium et de l’or. Le recul du secteur secondaire a débuté en 2013 et s’est poursuivi en 2014, du fait du ralentissement substantiel de l’activité au niveau des différentes composantes (production d’uranium et de pétrole). Le secteur devrait contribuer plus largement à la croissance du pays en 2016 et 2017, soit respectivement de l’ordre de 3,2 et 4,8 points de pourcentage.

Le secteur primaire quant à lui, représente 36,4 % du PIB et devrait continuer à soutenir la croissance économique. Grâce, notamment, au succès des investissements réalisés dans le cadre de l’initiative 3N (les Nigériens Nourrissent les Nigériens) avec une progression des cultures irriguées, ce secteur a enregistré un rebond à partir de 2014.

Le climat des affaires a évolué depuis 2015, un certain nombre de réformes ont permis au Niger de progresser dans le classement Doing Business depuis 2014. Parmi ces réformes,

  • la libéralisation du commerce, la liberté des prix et la libre concurrence ;
  • la réduction des formalités et des délais de création d’entreprise ;
  • l’adoption de la Charte des Petites et Moyennes Entreprises (PME) ;
  • l’adoption d’un Code de travail souple qui reconnaît la liberté d’embauche et facilité d’octroi de visa de travail pour les étrangers ;
  • l’octroi d’avantages fiscaux dans les phases de réalisation et d’exploitation des investissements à travers le Code des investissements, le Code minier et le Code pétrolier ;
  • le libre accès aux marchés publics, la transparence dans les procédures d’attribution des marchés et la possibilité de recours au niveau du Conseil de Régulation des Marchés Publics ;
  • la possibilité pour les investisseurs de proposer des offres spontanées de projets en partenariat public – privé.

En 2016, malgré le ralentissement du secteur tertiaire et la chute des prix dans les secteurs énergétique et minier, le taux de croissance s’est établi à 4,6% du PIB contre 3,5% en 2015 et 7% en 2014. Pour 2017, le FMI table sur un rebond de la croissance à 5,2%, portée par le secteur primaire et surtout un sursaut du secteur secondaire. Les perspectives 2018 s’annoncent identiques avec une estimation de la croissance du PIB à 6%. L’inflation devrait au final se maintenir autour de 2% en 2017 et 2018, en partie grâce à une bonne récolte et au rôle stabilisateur des programmes alimentaires de l’Etat. Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) reste inchangé depuis 2012, à 30.047 FCFA, soit 46 € environ.

Environnement des affaires et réformes demeureront le point de mire des bailleurs et investisseurs : fiscalité, douanes, dette publique, sont les secteurs cibles visés depuis un an par le Président et le gouvernement du Niger. L’endettement est maîtrisé et la loi de finances 2018 persiste dans une démarche de mise en ordre, entérinant des suppressions de taxes (appels internationaux, successions).

Les secteurs d’opportunités listés par les autorités jusqu’en 2021 sont variés :

  • AGRICULTURE (vivrière et d’exportation)
  • ENERGIE (renouvelables dont solaire et éolien, et éventail complet des combustibles fossiles)
  • MINES (uranium, or, fer, phosphates, sel, calcaire, gypse, 500 permis libres au total)
  • TRANSPORTS (infrastructures et exploitation)
  • ELEVAGE (14% du PIB, tradition d’exportation de viande et de cuir à valoriser)
  • INDUSTRIE (agro-industries notamment)
  • URBANISME (logement, assainissement, aménagement)
  • TIC (dont création de l’intranet gouvernemental, biométrie…)

 

Principaux indicateurs macroéconomiques

2015 2016 2017
PIB (M €) 6.476 6.766 7.287
PIB/Habitant (€) 353,24 355,46 363,2
Croissance économique (%) 3,5 / 4,0 4,6 / 5,0 5,2 / 4,2
Inflation (moyenne annuelle en %) 1,0 / 1,0 1,1 / 0,3 2,0 / 1,0
Solde public/PIB (%) -9,1 -6,5 -7,4
Intérêts de la dette publique / recettes budgétaires dons inclus (%) 3,5 5,8 6,5
Dette publique / PIB (%) 41,9 47,0 51,1
Dette extérieure totale (Mds €) 635 591,6 591,1
Dette extérieure totale / PIB (%) 30,4 34,1 35,8
Notation OCDE 7 7 7