KPMG

KPMGLogo

KPMG France est membre de KPMG International, réseau de cabinets indépendants exerçant dans 152 pays.

Leurs 8 500 professionnels interviennent auprès des grands groupes français et internationaux, des ETI et des groupes familiaux, ou encore des PME et des start-up, dans tous les secteurs d’activité : industrie, distribution, établissements financiers, télécoms, etc., ainsi que les acteurs de l’économie sociale et solidaire et le secteur public.

site Internet : www.kpmg.com

Baréma BOCOUM 

Baréma Bocoum est spécialisé dans l’accompagnement dans le cadre de transactions complexes et situations spéciales (Restructurations financières, Turnaround, accélération du Cash, Fermetures de sites, distressed M&A). Baréma est par ailleurs responsable de la coordination de l’équipe Deal Advisory Afrique et accompagne les grands groupes et fonds d’investissements dans le cadre de leurs opérations sur le continent africain.

 

Publication proposée par KPMG – mai 2018

3ème place mondiale pour Paris, qui se renforce dans le logiciel et les services financiers.

Cliquez ici pour la consulter


Point de vue de DE BARÉMA BOCOUM sur les entreprises africaines – Mars 2018

Depuis que l’Afrique a adopté le mobile payment, les membres de la tech européenne ont tourné leurs regards vers ce continent immense, en pleine croissance, où beaucoup reste à faire. Cap Digital y organise sa conférence Futur.e.s, Partech y ouvre une branche, les annonces s’enchaînent. Mais que sait-on vraiment de l’écosystème tech africain ?

Baréma Bocoum est un pur produit de la diaspora africaine. Associé KPMG, il mène une étude sur l’entrepreneuriat innovant en Afrique en partenariat avec le MEDEF et avec le soutien de l’Union européenne. Un constat s’impose : les entreprises, quelle que soit leur taille, doivent impérativement intégrer l’Afrique à leurs plans stratégiques.

Pourquoi s’intéresser à l’Afrique maintenant ?

D’ici 2050, un quart de la population mondiale sera africaine et la moitié de cette population aura moins de 25 ans.

Il y a donc un enjeu mondial : il va falloir accompagner ce boom démographique, permettre au continent de se développer et structurer l’énergie de cette jeunesse. Cette dynamique passera par l’initiative individuelle, c’est une évidence. Aujourd’hui, la jeunesse africaine a un réel appétit pour l’entrepreneuriat, notamment innovant. Et la technologie a le potentiel de disrupter tous les secteurs.

Et puis il y a un enjeu pour les entreprises, qu’elles soient africaines ou européennes. Il suffit de regarder le taux de croissance de certains pays, 10% en Ethiopie, 8% en Côte d’Ivoire. C’est impossible pour une entreprise d’occulter l’Afrique, ce serait comme occulter la Chine il y a 30 ans.

Mais que sait-on vraiment de l’innovation technologique, de l’esprit startup en Afrique ?

A l’heure actuelle, aucune étude n’a analysé l’écosystème de l’entrepreneuriat innovant en Afrique dans son entièreté. Quelles technologies vont avoir un effet disruptif ? Quelles sont les startups qui fonctionnent ? Pourquoi émergent-elles ? Qu’est-ce qui fait que certaines entreprises fonctionnent et d’autres échouent ? Pourquoi n’ont-elles pas le même succès dans toutes les régions ? Comment et d’où viennent les financements ? Quelles sont les problématiques réglementaires et fiscales qu’elles rencontrent ? Les questions sans réponse sont nombreuses.

Nous avons besoin d’avoir un état des lieux pour pouvoir nourrir les discussions avec les institutions publiques, leur montrer ce qui fonctionne et ce qu’il faut faire pour s’assurer qu’un vivier d’entreprises innovantes arrive à s’épanouir. Avoir une vision globale de l’innovation en Afrique permettra aussi aux fonds d’investissement de mieux comprendre le marché et aux startups de tirer des enseignements de ce qu’il se passe dans les pays voisins.

C’est dans cet objectif que nous avons entrepris cette étude Stars in Africa. Nous avons presque fini la première étape, qui consiste à brosser un tableau avec les institutions et les fonds d’investissement. Nous allons ensuite donner la parole aux startups et les suivre pendant une à deux années pour voir lesquelles survivent et lesquelles meurent, et trouver des explications.

A iHub Nairobi, les startups ont trouvé où développer leurs projets. Image par iHub Nairobi

Peut-on réellement dresser le portrait d’un continent si large et multiple ? Un continent sans marché commun, langue commune ou homogénéité de développement ?

Il faudrait parler d’écosystèmes au pluriel. Les dynamiques dans l’ouest, le nord, l’est ou le sud sont très différentes.

Ce n’est pas qu’une question de différence de richesse entre les pays, il y a aussi des problématiques de cultures, de systèmes de financement et de réglementations complètement différentes. Dans certains pays, on peut créer une société en cinq heures, dans d’autres, cela peut prendre près de trois ans.

Pour autant il y a des similitudes. Ce qui caractérise l’essentiel du marché africain, c’est la présence d’une classe aisée très consommatrice, l’émergence d’une classe moyenne jusque là quasi inexistante, et l’ubiquité d’une classe populaire très sensible au prix.

Et c’est cette classe populaire qui a le plus besoin de disruption et va tirer la croissance ?

Oui, elle a une envie énorme d’être connectée au reste du monde, ce qui explique l’avènement des télécoms que la plupart des pays africains ont connu. Le passage entre la vision qu’elle a du monde à travers les écrans et la consommation va être passionnant car elle ne ne se fera pas de la même manière qu’en Europe ou aux Etats-Unis.

La population est très « street smart », elle a le sens de la débrouillardise et de la négociation, elle arrive à arbitrer très rapidement entre des prix. Pour elle, la technologie doit servir à réduire les coûts, à comparer les prix et bénéficier des meilleurs.

La capacité de disruption en Afrique est beaucoup plus forte que celle qu’on voit sur d’autres continents. Des secteurs comme la santé, l’éducation, l’agriculture, l’énergie, les services financiers, l’infrastructure, l’aménagement du territoire, les télécommunications ou encore la distribution sont en train de connaître leur révolution.

Les entreprises européennes sont-elles en mesure de participer à cette transformation ?

Les entreprises européennes ont les moyens financiers et l’expérience nécessaires pour lancer de gros projets mais elles ne peuvent pas réussir en Afrique si elles se contentent de répéter ce qui a fonctionné ailleurs. Les entreprises qui veulent entrer en Afrique doivent penser différemment que lors de leurs projets d’expansion habituels.

Elles doivent comprendre l’écosystème, la culture, d’où viennent les gens, quelles sont leurs motivations, quelles sont les problématiques terrain réelles. Alors seulement, elles peuvent tester de nouveaux produits.

Beaucoup de grands groupes étrangers voient dans l’Afrique un terrain de test excellent compte-tenu de sa démographie et de sa sensibilité prix exacerbée. Ils testent donc en Afrique de nouveaux produits, de nouveaux business models.

Ces groupes sont aussi attirés par l’Afrique parce qu’elle constitue un terrain vierge sans ancienne infrastructure encombrante. Il est souvent plus facile d’y mettre en place de nouvelles solutions, notamment dans les énergies renouvelables, qu’en Europe.

Les entreprises européennes ont beaucoup à apprendre de cette dynamique africaine. Il y a des startups en France qui ont des impacts en Afrique, de la même manière qu’il y a des startups purement africaines, dans le secteur notamment des mobile money, qui influencent les entreprises européennes. Les échanges vont vraiment dans les deux sens, et cela ne va que s’intensifier.

 


ÉDITORIAL DE BARÉMA BOCOUM – Janvier 2018

De manière générale, et ce malgré des inégalités entre les pays, 2017 est marquée par un niveau de croissance retrouvé sur l’ensemble du continent africain aux alentours des 4,5% avec des prévisions favorables pour 2018.

Dans ce contexte, l’Afrique francophone fait figure de bon élève en enregistrant la deuxième meilleure performance régionale à 3,2%, derrière l’Afrique de l’Est qui s’impose comme la sous-région la plus performante avec une croissance moyenne du PIB réel de 5,3%.

Parmi les cinq premières économies africaines, deux d’entre elles appartiennent à la zone francophone dont l’Algérie qui se place en 4e position et le Maroc en 5e position. A eux deux, ces pays totalisent un PIB cumulé de 291 milliards de dollars représentant plus de 12% du PIB africain global.

Fait politique marquant, le Maroc qui dans une logique d’émancipation de l’Europe a réintégré fin janvier l’Union Africaine devrait voir son influence diplomatique grandir en Afrique Sub-Saharienne. Conscient que son propre développement est étroitement lié à celui de tout le continent, ce poids politique vient renforcer une politique économique d’investissement dans toute l’Afrique entreprise depuis 2008. D’autres pays de la zone francophone ont également mis en place cette année des politiques de développement économique et d’investissement ayant pour but de favoriser la croissance. Parmi eux, nous pouvons citer l’Île Maurice qui en mars 2017 a instauré un plan stratégique pour le développement de ses PME, ce qui a notamment profité à l’industrie du tourisme en augmentation de +11% avec un marché estimé à 1,58 milliards de dollars.

En Côte d’Ivoire, l’état s’est quant à lui engagé massivement dans le Oil&Gaz à travers un plan d’investissement d’environ 1 milliard de dollars dans des pipelines et entrepôts de stockage avec l’intention de faire du pays une plaque tournante pour l’acheminement du pétrole en Afrique Sub-Saharienne.

A Djibouti, c’est un important programme d’investissement de 15 milliards de dollars dans les infrastructures logistiques qui a été entrepris. L’état a d’ailleurs récemment inauguré les ports de Tadjourah et de Goubet en juin 2017 avec pour ambition d’en faire des acteurs majeurs de l’exportation de la potasse et du sel.

D’autres pays comme le Gabon ont également porté la croissance francophone, qui grâce à son statut de pays hôte de la coupe d’Afrique des Nations a vu son secteur de la construction se développer très fortement. Ou encore le Rwanda, dont le secteur du retail en augmentation de 20% chaque année était classé comme le secteur le plus attractif du continent par le cabinet de conseil en stratégie AT Kearney Africa. Ou enfin le Burkina Faso, dont le secteur minier est là aussi un driver de la croissance puisque le pays se positionne comme le 4e plus gros producteur d’or du continent avec des exportations qui comptent pour 60% de ses revenus.

En résumé, 2017 aura été une année profitable pour bon nombre de pays africains de la zone francophone, en témoigne la récente nomination de l’Algérie pour la 2e année consécutive à la première place des pays africains du World Happiness Report. Pour autant, il existe d’importantes disparités au sein de la zone et la région ne doit pas non plus ignorer les réels enjeux qui l’attendent pour endiguer le niveau de crime et de violence qui règne dans des pays comme le Niger, le Mali ou encore la Guinée si elle ne veut pas risquer une fracture économique