ACTED

ACTED est la deuxième ONG humanitaire française.

site Internet : www.acted.org

 

Frédéric de SAINT-SERNIN

Frédéric de Saint-Sernin est directeur général délégué de ACTED. Il a été secrétaire d’État chargé de l’Aménagement du Territoire

 

 


ÉDITORIAL DE FRÉDÉRIC DE SAINT-SERNIN – avril 2018

THAÏLANDE : Un des programmes majeurs d’ACTED : la formation professionnelle dans les camps de réfugiés

L’histoire de Phu Mah, réfugiée birmane et formatrice en couture

Il faut compter environ une heure de route pour se rendre depuis Mae Hong Son, capitale de la province homonyme, dans le nord de la Thaïlande au camp de Ban Mai Nai Soi.

Dans le camp, des centaines de maisons en bambou recouvertes de feuilles sont réparties en vingt sections, avec un enchevêtrement de petits commerces, de restaurants, d’églises, de temples, d’écoles, de cliniques et de bureaux d’ONG et agences internationales variées. Dans des petits jardins, les résidents du camp cultivent divers végétaux ou élèvent des animaux. Dans les quelques espaces inoccupés par les bâtiments ou la végétation, les résidents du camp se retrouvent pour discuter, les enfants pour jouer.

Ban Mai Nai Soi a été construit il y a maintenant vingt ans, et abrite plus de 10 000 réfugiés ayant fui le Myanmar. La plupart sont d’ethnie karenni, originaire de l’état de Kayah.

Phu Mah enseigne la couture dans un des centres de formation professionnelle d’ACTED. Elle est née au Myanmar et vit à Ban Mai Nai Soi depuis que sa famille a fui le pays, il y a 19 ans. Aujourd’hui, elle a 21 ans. Ban Mai Nai Soi a été son seul foyer, pendant la plus grande partie de sa vie.

Tous les matins, Phu Mah se rend au centre de formation d’ACTED, situé dans la section 14 du camp. Elle en a pour environ une heure à pieds, ou quinze minutes à vélo. Elle parcourt tous les matins le même chemin : elle passe devant les mêmes boutiques et croise le même flot continu de personnes, de motos, d’enfants. Près de la moitié de la population de Ban Mai Nai Soi a moins de 18 ans.

Les salles de classe accueillant les formations d’ACTED se trouvent dans l’enceinte du bâtiment du Département d’éducation karenni (KnED), l’organisme local qui coordonne les activités éducatives du camp. ACTED travaille avec le KnED depuis 2013 dans deux camps de réfugiés birmans en Thaïlande. Avec ces formations professionnelles, ACTED cherche à renforcer les moyens de subsistance des personnes réfugiées en leur donnant permettant d’acquérir des compétences qui les préparent à une nouvelle vie, en dehors des camps. Depuis le début de ce programme, plus de 1500 réfugiés du camp ont déjà pu suivre l’un des cours proposés par ACTED. Les formations niveau débutant ont été progressivement complétées par six formations niveau avancé : gestion hôtelière, couture, coiffure, informatique, câblage électrique et réparation de motocyclettes, tous conçus pour répondre aux besoins sur le marché de l’emploi birman, malgré les limites du camp.

ACTED a choisi de former des réfugiés birmans à l’enseignement dans des écoles de formation professionnelle en Thaïlande, qui deviennent ensuite enseignants dans les camps. Phu Mah travaille dans le centre de formation d’ACTED à Ban Mai Nai Soi depuis trois ans, après sa formation en couture. « Aujourd’hui, je peux partager ce que j’ai appris avec la communauté du camp. Et peut-être qu’un jour je pourrai utiliser ces connaissances voire enseigner en dehors d’un camp de réfugiés. »

Aujourd’hui est le jour de réunion mensuelle entre les enseignants et les agents d’ACTED, l’occasion de discuter du déroulement des formations et de la promotion d’étudiants en passe d’obtenir leur diplôme. « C’est l’occasion pour nous de discuter et de partager nos expériences des cours, pour les améliorer encore. Nous sommes fiers des progrès de nos étudiants ! » Ces réunions sont aussi l’occasion de proposer de nouveaux cours : pose de vernis, confection de vêtements pour femmes enceintes, réparation d’engrenages… « Nous déterminons les thématiques en fonction de ce que les résidents du camp demandent ».

Après une rapide pause déjeuner, ce sont les cours de deux heures, programmés à 16h pour permettre aux résidents de s’y rendre après l’école ou le travail.

À la fin de la journée, Phu Mah rentre chez elle rejoindre son mari et ses deux enfants pour le dîner peu avant que la nuit tombe, clôturant une journée de plus dans le camp.


ÉDITORIAL DE FRÉDÉRIC DE SAINT-SERNIN – Janvier 2018

Mobilisation d’urgence aux Philippines après le passage de deux cyclones tropicaux

Les Philippines font partie des pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles du fait de sa situation géographique, mais aussi démographique. Les catastrophes naturelles ont provoqué de nombreux dégâts et pertes humaines dans le pays. Entre 1995 et 2014, plus de 23 000 personnes sont décédées. Les coûts directs associés à ces catastrophes naturelles représentent en moyenne 1% du PIB du pays. La récurrence des catastrophes touche les populations les plus pauvres (25,2% de la population totale) de manière disproportionnée en affectant les ressources et les biens matériels de ces populations, aggravant ainsi leur vulnérabilité face à de nouveaux chocs et réduisant les bénéfices des politiques de développement à plus long terme.

En cette fin d’année 2017, deux typhons ont encore touché l’archipel des Philippines, faisant quelque 250 morts et autant de personnes encore portées disparues, et des dégâts très importants. 2,5 millions de personnes sont concernées.

Le typhon Urduja (ou Kai-tak) a dévasté les côtes du Samar oriental (Visayas) le 17 décembre. Quelques jours plus tard, le 22 décembre, le typhon Tembin (ou Vinta) s’abattait sur l’île de Mindanao, au sud de l’archipel, déjà très présente dans l’actualité en 2017 pour le conflit qui a touché la ville de Marawi.

Urduja a entraîné inondations et glissements de terrain dans de nombreuses zones du Samar oriental. Les maisons, inondées, sont inhabitables, de même que les bâtiments publics comme les écoles. Routes et ponts sont au minimum impraticables, si ce n’est, détruits. Les structures d’assainissement (fosses septiques, etc.) débordent et sont susceptibles de déclencher des maladies. Les réseaux d’eau sont coupés. Les cultures, inondées voire détruites, laissent d’ores et déjà présager de très faibles récoltes à venir.

Avec des rafales jusqu’à 155 km/h, Tembin a entraîné des crues subites et des glissements de terrain qui ont ravagé cultures, infrastructures, habitations, services essentiels, voies de communication et sources d’eau de par l’île de Mindanao. Près de 91 000 personnes ont perdu leur habitation et sont aujourd’hui hébergées dans des centres d’évacuation d’urgence – parmi elles, des familles déjà évacuées auparavant suite au conflit qui a touché la ville de Marawi. Pour ces familles déjà démunies, Tembin est une double peine. Le typhon ne fait qu’accabler une situation d’extrême vulnérabilité déjà subie des suites du conflit. Les équipes d’évaluation d’ACTED déployées en urgence ont fait état de besoins cruciaux en termes d’abri, d’eau, d’hygiène et d’assainissement, de sécurité alimentaire et de protection.

ACTED est déjà présente et opérationnelle de longue date dans le Samar oriental et l’île de Mindanao, et l’une des seules ONG présentes et avec une capacité de réponse dans la zone de Marawi. L’ONG est prête à intervenir suite aux catastrophes de ces derniers jours, sur la base des évaluations rapides menées par ses équipes.

Ces dernières ont déjà mis en place des opérations de soutien à l’accès à l’eau, à l’hygiène et aux abris, et comptent agir dès que possible pour :

– Distribuer un millier de kits de réparation d’abris aux plus vulnérables et construire quelque 200 abris semi-permanents pour ceux qui ont perdu leur maison ;

– Distribuer des semences et des engrais à 5000 agriculteurs pour leur permettre de rebondir et de reprendre leurs activités agricoles le plus vite possible ;

– Distribuer 1500 kits d’hygiène et des kits de purification de l’eau ;

– Réhabiliter 30 points d’eau, ainsi que des infrastructures d’hygiène dans des écoles.

Marawi est concerné par un conflit armé qui s’est intensifié ces derniers mois. En réponse à cette crise, ACTED intervient depuis 2017 en aidant les populations déplacées avec la distribution de kits d’hygiène, de biens de première nécessité et avec des programmes de ‘cash transfer’. Ces programmes permettent d’aider les familles déplacées de survivre en attendant des jours meilleurs.

 


ÉDITORIAL DE FRÉDÉRIC DE SAINT-SERNIN – novembre 2017

Depuis 1993, l’association de solidarité internationale ACTED répond aux besoins humanitaires des populations dans les situations de crise et au respect de leur dignité, tout en favorisant et mettant en œuvre des opportunités pour un développement durable, en investissant dans les potentiels de l’Homme. Chaque année, notre ONG met en œuvre plus de 490 projets auprès de 11 millions de bénéficiaires dans 35 pays grâce à l’engagement de plus de 4600 salariés. Nous œuvrons sur le dernier kilomètre de l’action humanitaire : ACTED s’engage à répondre aux urgences et à développer la résilience face aux situations de crise, à co-construire une gouvernance effective, et à promouvoir une croissance inclusive et durable.

Fondée en Afghanistan en 1993, les premiers projets ont été mis en œuvre à Kaboul pour porter assistance aux populations touchées par plus de quinze années de conflit. Très rapidement, ACTED a élargi ses activités à l’ensemble du pays puis au Tadjikistan, Ouzbékistan et Kirghizistan à partir de 1996, avec une logique d’intervention régionale à travers l’Asie Centrale.

Forte de son expérience et de ses projets en Asie Centrale, ACTED a élargi sa zone d’intervention avec une première réponse en Afrique centrale en 1996 pour venir en aide aux populations affectées par le conflit au Congo-Brazzaville, puis au Moyen-Orient en 2003 pour œuvrer auprès des populations en Irak. Aujourd’hui, ACTED poursuit sa mobilisation auprès des populations les plus vulnérables dans plus de 20 pays à travers les deux continents, de Dakar à Erbil, d’Hassaké à Lubumbashi.

ACTED a poursuivi son engagement en Afrique en 2004 en ouvrant des missions au Tchad et au Soudan en réponse à la crise du Darfour. Depuis 2008, ACTED intervient en République Centrafricaine, au Kenya et en Somalie. En 2011, ACTED a débuté des programmes opérationnels en Jordanie et est intervenue suite aux urgences en Libye et en Côte d’Ivoire.

ACTED a renforcé ses programmes d’alerte précoce, de préparation aux catastrophes naturelles et de renforcement de la résilience dans la zone sahélienne au Tchad, au Niger, mais aussi au Kenya et en Ouganda. ACTED a également été mobilisée sur deux urgences humanitaires majeures qui ont frappé l’Afrique centrale : la RCA et le Soudan du Sud.

En 2016, sur le continent africain, ACTED a continué à déployer des interventions humanitaires massives dans la région de Lac Tchad, en République Centrafricaine, en Somalie et au Soudan du Sud, avec un renforcement tout particulier de son intervention dans la Corne de l’Afrique, anticipant la crise alimentaire (causée par des épisodes de la sécheresse et de conflits) qui affecte la région aujourd’hui. En République Centrafricaine des interventions en milieu urbain ont notamment été développées en réponse aux problématiques de retour et de stabilisation. Dans la région de Lac Tchad, les équipes d’ACTED ont offert une aide humanitaire essentielle (sécurité alimentaire, eau, hygiène et assainissement et en abris) aux communautés déplacées et hôtes affectées par la crise Boko Haram. Enfin, en réponse aux changements climatiques, ACTED a en outre développé des programmes d’alerte précoce et de renforcement de la résilience, notamment au Tchad, Kenya, Somalie et Ouganda.

Aujourd’hui, les 16 missions d’ACTED en Afrique représentent 40% des employés et plus d’un tiers du budget. Ailleurs dans le monde, ACTED est un acteur majeur de la réponse humanitaire dans les pays francophones tels qu’en Haïti et au Liban.