Evolution et perspectives de l’économie belge

Par Christian Van Dorpe Président de la Chambre de Commerce belgo-luxembourgeoise

 

Après avoir connu une progression de 0.7 % au premier trimestre 2007, la croissance du PIB de la zone euro a fortement ralenti au deuxième trimestre, ne progressant que de 0.3 %. Néanmoins, de bons fondamentaux et une résistance accrue aux chocs devraient permettrent une croissance soutenue dans la zone en cours du deuxième semestre 2007 et ce, même si les risques s’accentuent en raison de la crise financière et de la possibilité d’un ralentissement plus prononcé aux Etats-Unis. Si l’impact global de la crise financière sur la croissance reste limité en 2007, on ne peut en dire autant pour 2008. Suite à un degré d’incertitude croissant, la plupart des organismes internationaux ont revu à la baisse leurs estimations de croissance pour 2007. Ainsi, dans ses évaluations intermédiaires, l’OCDE a revu à la baisse sa prévision de croissance 2007 pour la zone euro de 2.7 % à 2.6 % et la Commission européenne de 2.6 % à 2.5 %. Ces évaluations intermédiaires ne comportent pas de prévisions pour la Belgique.

 

Les résultats du PIB belge pour le deuxième trimestre 2007, diffusés par l’Institut des Comptes nationaux (ICN), confirment un certain tassement, à un niveau élevé cependant, de l’activité économique. Ainsi, pour l’ensemble des six premiers mois, le PIB enregistre une croissance de 2.9 % à un an d’écart et de 1.4 % par rapport aux six derniers mois de 2006 (pour les données corrigées des variations saisonnières et des effets calendaires). En terme de dynamique, le demande intérieure hors stocks demeure le principal moteur de la croissance tant à six mois qu’à un an d’écart. Si le PIB devait se stabiliser au niveau atteint en ce deuxième trimestre 2007, la croissance acquise serait déjà de l’ordre de 2.3 % pour l’année en cours.

 

Dans son budget économique de septembre, l’ICN prévoit une croissance du PIB en volume de 2.7 % en 2007. Ce résultat est imputable au bon comportement de la demande intérieure. En effet, bien qu’on observe une accélération dans le rythme de progression des exportations en 2007, le dynamisme des importations est tel qu’il induit une contribution négative des exportations nettes à la croissance du PIB. En 2008, la croissance du PIB devrait ralentir pour s’établir à 2.1 % suite à un moindre dynamisme de la consommation des ménages et des investissements des entreprises.

 

Le marché de l’emploi bénéficie de l’embellie conjoncturelle et compte tenu du décalage inhérent à ce segment de marché, de nombreux emplois seront crées en 2007 et 2008. Le taux d’emploi devrait progresser de près de 1 % (0.9 %) en 2 ans pour s’établir à 63.5 % en 2008. Selon la définition d’Eurostat, le taux de chômage harmonisé baisserait de 1 point de pourcentage sur cette même période.

 

Source : SPF Economie, Eurostat