3, place de la Coupole, BP 98
94223 Charenton Cedex, France
Tendances économiques

Observatoire du tourisme francophone du 29 septembre 2011

Le tourisme dope le commerce électronique ! C’est l’un des enseignements rapportés par Les Echos cette semaine. La croissance du commerce électronique au premier semestre 2011, de 20%, a été tirée notamment par le tourisme électronique. L’étude portait sur l’analyse de l’activité de 40 sites représentatifs.

 

Le secteur de tourisme est mis à contribution pour permettre à l’Etat de réduire sa dette. Après avoir hésité, ce ne seront pas les parcs d’attractions mais l’hotellerie qui sera taxée, pour un supplément de 2%, rapport Pros-du-Tourisme. Les professionnels du secteur ont mis en garde contre le signal négatif envoyé, notamment sur le tourisme d’affaires.

 

Pour autant, tout n’est pas noir. Challenges rapporte ainsi que Paris a une nouvelle fois explosé tous les records en matière de tourisme. 3% de visiteurs supplémentaires sont attendus pour 2011, notamment grâce aux touristes en provenance des pays émergents. Les 6 premiers mois de l’année ont vu près de 3,8 millions de voyageurs visiter la capitale.

 

Du côté des destinations, Business Travel nous apprend que les touristes français ont eu le coup de cœur pour la République Tchèque, qui a enregistré une hausse de ses touristes en provenance de France de 23,3%, devenant ainsi le 6e pays source, loin derrière les Allemands (qui progressent moins). La crise économique et les mouvements politiques dans les destinations traditionnelles des Français les ont réorientés du côté de l’Europe Centrale.

 

En Côte d’Ivoire, les ambitions touristiques sont affichées avec force ! Connection ivoirienne précise que le gouvernement a commencé à revaloriser le pays comme destination touristique, avec un objectif affichés de 500 000 touristes d’ici 2015, alors que moins de 250 000 ont visité le pays en 2010. Plusieurs mesures doivent augmenter l’attractivité des sites : rénovation des établissements, réduction des tarifs aériens ou encore formation du personnel.

 

Non loin de là, le Mali fait pâle figure. Selon Slate Afrique, le pays « ne voit plus l’ombre d’un touriste », avec des estimations allant à 50% de visiteurs en moins et des pertes se chiffrant en dizaines de millions d’euros. La principale raison est connue, avec l’insécurité générée par l’activité d’AQMI. Les efforts du pays vont donc cibler principalement la sécurisation des sites et bassins touristiques.

 

Du côté du Cameroun, en revanche, on se réjouit que le pays ait été listé comme une « destination touristique approuvée » par la Chine. C’est un acte important, souligne 237 Online : pour voyager en groupe, les Chinois doivent suivre les destinations inscrites à cette liste, qui en Afrique ne compte « que » 3 autres pays (l’Egypte, le Kenya et l’Afrique du Sud). La Chine, qui compte 40 millions de touristes actuellement, devrait faire passer ce chiffre à 100 millions d’ici 2020.

 

En Afrique toujours, le Maroc mise aussi sur le tourisme, avec la création d’un fonds dédié, nous apprend le Figaro. Le Fonds marocain de développement touristique (FMDT) associe l’Etat et des entreprises avec une dotation initiale de près de 130 millions d’euros. D’ici dix ans, la dotation devrait dépasser les 900 millions d’euros.

 

De l’autre côté de l’Atlantique, les Québecois réfléchissent à l’éco-tourisme.NewsWire rapporte que cette population ne fait pas pour l’instant de tourisme écologique, mais qu’elle pourrait envisager de le faire en fonction des prix. Aux gestes simples (billet électronique, transport en commun), une incitation sur la tarification des éco-voyages permettrait peut-être de faire franchir le pas aux quelques 79% de Québecois se déclarant tentés par le concept.

Publications associées
Tendances économiques

Edito Tourisme

Djerba sera la capitale mondiale de la francophonie en novembre 2021, si le contexte sanitaire permet à la Tunisie d’accueillir le 18ème Sommet de la Francophonie sur le thème « Connectivité dans la diversité : le numérique vecteur de développement et de solidarité dans l’espace francophone ».

Sarra Maâouia a rappelé à cette occasion que l’espace francophone constitue un territoire de relations économiques et commerciales privilégiées, par son histoire et par sa langue. 

C’est le moment de se souvenir que le français est la langue du Tourisme, et mon Edito de septembre 2017 sur ce thème est plus que jamais d’actualité.

La France est toujours la première destination mondiale en nombre de visiteurs internationaux et l’un des principaux pays émetteurs ; Le réseau des restaurants français dans le monde participe aussi à ce rayonnement de la France dans le Tourisme international. 

Il serait intéressant de pouvoir y ajouter également les chiffres du Tourisme dans les pays francophones, mais les principales statistiques internationales disponibles sont faites par principaux pays touristiques, grandes régions et continents, ce qui ne permet pas de mesurer le poids exact du Tourisme francophone. Cependant ces chiffres mettent déjà en évidence que le Tourisme offre tous les ans des centaines de millions d’opportunités de contacts avec la langue française donc avec la Francophonie, ses cultures et ses entreprises, et surtout que le Tourisme est encore un des premiers atouts de la « Marque France » à l’international. 

De plus, le tourisme linguistique est en plein essor. Le premier séminaire de haut niveau organisé sur ce sujet en Juin 2015 par le Ministère des Affaires étrangères et du Développement international avait montré que l’intégration de la langue française dans notre offre touristique avait un impact important sur l’attractivité de nos Régions. 

A cette occasion une plateforme numérique développée par Campus France a été lancée : « Immersion France ». Elle a pour ambition de faciliter la venue en France des étudiants mais aussi des professionnels et des touristes désireux d’apprendre la langue française lors de séjours touristiques adaptés. Au-delà des chiffres annuels très positifs, il ne faut pas oublier que la marge de progression est immense car 125 millions de personnes apprennent le français dans le monde et plus d’un million s’inscrivent chaque année dans notre réseau exceptionnel d’Instituts français et d’Alliances françaises. L’Alliance française est en effet le premier réseau culturel mondial avec 800 implantations dans 137 pays sur les cinq continents pour un demi-million de personnes chaque année, auxquels il convient d’ajouter les six millions de personnes qui participent à leurs activités culturelles. 

Mais il est à déplorer que la plupart d’entre eux ignorent l’existence de cette plateforme. 

Certains de ces établissements ont innové en créant des modules spécifiques pour « le français langue du Tourisme » mais trop peu d’entre eux et le lien avec la promotion des destinations françaises y est rarement associé faute de partenariats. Toutes ces initiatives pourraient être étendues aux pays francophones. 

Le réseau « France Alumni », mis en place en 2014, permet par ailleurs aux étudiants ayant réalisé des études supérieures en France de rester en réseau, de valoriser leur séjour en France dans un cadre professionnel et de maintenir des liens d’amitié. Il pourrait être étendu aux étudiants « non supérieurs » des métiers du tourisme (guides-interprètes, métiers de l’accueil, de la gastronomie, de la mode, des activités sportives de plein air, de la médiation culturelle, du numérique etc…) car ils sont eux aussi des ambassadeurs précieux de la culture francophone dans le monde. 

Le Tourisme est un des premiers vecteurs de promotion culturelle et de développement économique et territorial, et c’est aussi un levier très efficace de progrès social, fidèle à l’objectif premier des Pères fondateurs de la Francophonie institutionnelle : mettre la langue française au service de la paix, de la solidarité, du développement et du rapprochement des peuples par le dialogue des civilisations.  

C’est d’autant plus important aujourd’hui que le Tourisme francophone doit relever aussi un nouveau défi, au-delà des enjeux économiques et sociaux, car les attentats de ces dernières années montrent que les cibles choisies sont la plupart du temps des lieux culturels et touristiques. Ce n’est pas un hasard. L’enjeu est donc dorénavant aussi éthique car le Tourisme francophone peut participer à la « défense et illustration » d’un art de vivre, et d’une certaine idée de l’homme et de la femme.

En savoir plus, lire la suite
Tendances économiques

Diasporas africaines, mobile money, quel avenir ? - Ares & Co

En savoir plus, lire la suite
Tendances économiques

Diaspora et Mobile Money : un vivier de croissance pour le continent africain - Ares & Co

Tant en France que dans les pays africains, il existe une prise de conscience bien réelle de l’importance de la diaspora et du rôle qu’elle peut jouer notamment comme accélérateur des économies du continent. Si toutes les générations diasporiques n’ont pas le même rapport à l’Afrique  – les anciennes générations se sentent « redevables », quand les nouvelles générations envisagent davantage l’Afrique comme une terre d’opportunité – une constante demeure : les transferts d’argent vont croissants.

Même si l’essentiel des transferts réalisés vers l’Afrique sert encore à subvenir aux besoins des familles, les questions de développement économique local et de créations d’activités sont ouvertement discutées au sein des plus jeunes générations. Elles veulent entreprendre et n’entendent pas utiliser les mêmes courroies de transmission que leurs ainées. Leur horizon n’est plus le village, le département ou le pays d’origine mais l’Afrique tout entière, avec ses taux de croissance et ses sources d’opportunités personnelles. Une fois les aides familiales satisfaites, trois types d’investissements concentrent l’essentiel des ressources : les projets immobiliers, les projets solidaires d’intérêt général et les investissements productifs dans des projets d’entreprises d’import/export ou locales.

Sur le plan économique, les diasporas sont un des premiers acteurs de la solidarité internationale, loin devant les agences de développement et autres acteurs de l’aide publique au développement. Ainsi, les transferts d’argent représentent une ressource en devises essentielle pour les pays d’origine et pour nombre d’entre eux, une part non négligeable de leur PIB. Ils sont l’une des rares ressources stables pour les pays d’origine.

Bien que les tarifs aient baissé ces dernières années, les coûts des transferts de fonds – et les estimations de perte associée pour l’Afrique – restent importants. On observe toutefois une volonté forte des pays africains de faire évoluer leurs cadres institutionnels et normatifs en faveur d’une baisse des coûts des transferts de fonds et de l’investissement de leurs diasporas. Cette évolution s’inscrit dans un contexte dynamique lié à l’attrait des jeunes générations des diasporas pour leur continent d’origine et à la diversification de l’offre de services existante, notamment à travers les outils de la FinTech, d’Internet et des télécommunications.

En Afrique, si l’essentiel de la population ne possède toujours pas de comptes bancaires classiques, une majorité d’individus possède un téléphone portable et/ou un accès régulier à internet. Dans ce contexte de faible inclusion bancaire, le mobile money ne pourrait-il pas devenir une alternative sérieuse à l’offre existante des banques et des opérateurs de transfert de fonds pour les diasporas ?  

Très prisée par les populations africaines, le mobile money s’est imposé localement comme la solution en termes d’accès aux fonds pour les récipiendaires les plus marginalisés (ruraux, femmes, personnes âgées) et le continent possède aujourd’hui le record de pénétration du marché loin devant l’Asie, l’Amérique Latine ou l’Europe. 

Source : http://www.aresandco.com/blog/2020/02/18/diaspora-et-mobile-money/

En savoir plus, lire la suite