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Langue française

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 Le verbe exclure a pour participe exclu (sans s), au rebours du verbe inclure. Voilà bien une des singularités de la langue française ; rassurons-nous, elle n’en manque pas.

Et le plus étonnant : c’est exclu, sans s, qui est anormal.

Commençons par inclure. Il provient du latin includere, formé sur claudere, qui a donné clore. Inclaudere c’est donc « fermer à l’intérieur ». Son participe passé était inclusus, qui a donc normalement donné en ancien français inclus : l’s final est donc régulier.

Il l’était normal également dans des mots apparentés comme reclus et perclus : percluse, elle était recluse.

J’ajouterai que cet s final était également naturel dans exclus. Ce verbe provenait du latin excludere, c’est-à-dire, on l’a compris, « enfermer à l’extérieur ». L’ancienne langue mettait un s à exclus, dont le féminin était excluse, forme que l’on rencontre encore chez Racine et La Fontaine.

Que s’est-il passé ? Perclus, reclus, qui n’étaient plus sentis comme des participes passés mais comme des adjectifs, ont gardé leur forme ; inclus utilisé principalement dans la locution ci-inclus, a fait de même.

En revanche exclu, toujours considéré comme le participe passé d’exclure a été refait sur le modèle des participes ordinaires en –u : conclu, perdu, vendu, etc.

Exclu est donc atypique parce qu’il est le participe passé bien vivant d’exclure. C’est comme ça !

À propos de l'auteur

Articles

Universitaire, Bernard Cerquiglini fut professeur aux universités de Paris, Bruxelles et Bâton Rouge. Il est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages. Haut-fonctionnaire, il dirigea l'Institut national de la langue française et fut délégué général à la langue française et aux langues de France, puis recteur de l'Agence universitaire de la Francophonie. Il présente l'émission quotidienne "Merci professeur" sur TV5Monde et est membre de l'Ouvroir de littérature potentielle (Oulipo).
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