Langue française

Pognon

Ah ! le superbe mot pognon ! Bien en chair, franc comme l’or, rond comme une pomme : du pognon.

En outre, le terme était, vers 1840, fort expressif. Il appartient en effet à la famille du mot poing, qui signifie « la main fermée » Ce terme, il faut le reconnaître, est aujourd’hui moins usité, sauf en locution (coup de poing, dormir à poings fermés), au rebours de ses dérivés poignée et poignet. Il fut toutefois quelque peu revivifié au cours du XIXe siècle grâce à la dérivation populaire ou argotique.

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Point de vue des économistes

Religions et Union européenne

Par Philippe GUILLAUME, Authorhouse – 307 pages, 21 euros

Partout dans le monde, mais en Europe en particulier, le « Religieux » questionne plus que jamais la laïcité tandis que le radicalisme islamique entretient les peurs du « grand remplacement ».

La présence à Bruxelles de représentations officielles de différentes églises auprès de l’Union européenne marque leurs places historiques souvent majeures. L’influence religieuse est un fait incontestable, mais c’est un sujet paradoxalement peu étudié, sans doute laissé pour compte des grandes affaires  géo-stratégiques, économiques et monétaires qui préoccupent l’Union.

Le Baron Philippe GUILLAUME, issu d’une vielle lignée de diplomates belges, fort d’une expérience assez exceptionnelle dans plusieurs pays aux cultures différentes, propose de combler ce vide et d’étudier, dans ce nouvel essai, le fonctionnement de l’Union, sous l’angle religieux.

Dans un style alerte et stimulant, l’auteur apporte ses éclairages sur les tendances qui ont conduit à la fondation de l’Union européenne et notamment sur la place prépondérante prise par l’Église catholique qui au travers du message de Noël 1944 de Pie XII, a impulsé la création des partis démocrates chrétiens.

Le cadre religieux de l’Europe détermine notre façon de vivre, de réfléchir, notre échelle de valeurs. Depuis le Moyen-Âge, l’Église catholique est la principale religion de l’Europe et c’est toujours vrai aujourd’hui :

Sur les 730 millions d’Européens, 53% se déclarent Catholiques (et autres chrétiens), 12% Protestants, 8% Orthodoxes, contre seulement 2% Musulmans et 23% d’athées et agnostiques.

Si des différences quelquefois majeures peuvent exister entre les États membres, comme les traces de la présence du Royaume-Uni, elles ne font pas obstacle au maintien d’un dénominateur commun autour du respect de la dignité humaine, la solidarité, la science, le progrès, hérités de l’Humanisme, de la Renaissance et de la philosophie des « Lumières ». Tandis que le maintien et la transmission d’une foi vivante revient aux instances religieuses, aux théologiens ou simplement aux adeptes.

Ainsi, c’est sous cette influence, et sur ces partis démocrates-chrétiens aidés par les socialistes que s’ est « … trouvée l’énergie de construire l’Union Européenne, une organisation supranationale qui a engrangé 70 années de développement économique et de paix… ». À travers l’histoire très documentée de l’Europe, vue sous l’angle religieux, et au vu de la position des églises sur nombre de points de doctrine, Philippe GUILLAUME nous rappelle que l’Europe abrite : « … une civilisation héritière de Rome et d’Athènes, résultant  d’un métissage culturel unique au monde … une terre de défi, d’aventures  et  …d’avant toutes… » C’est aussi un de ses grands mérites. Un témoignage précieux pour tous publics.

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Langue française

Challenge

Comme on le sait, les langues française et anglaise, au cours de leur histoire, ont joué une véritable partie de ping-pong lexical au-dessus de la Manche : des mots français sont passés en Angleterre puis en sont revenus.

Le latin caluminiare, dont est issu par calque le verbe calomnier, a donné phonétiquement l’ancien français challengierChallenge en est le déverbal. Il possède dans l’ancienne langue une gamme de sens variés : il désigne notamment en droit une accusation et dans un tournoi, un défi.

Avec la conquête normande, le terme est passé en Angleterre et en anglais, qui a, notons-le, conservé la prononciation française médiévale : challenge.

Le terme a fait retour en français, grâce à la presse sportive, au milieu du XIXe siècle. On relève en effet la forme francisée challenge-coupe, adaptation de l’anglais challenge-cup dans le vocabulaire du journalisme sportif. Ce qui a ouvert la voie à challenge tout court, bientôt rejoint, à la fin du XIXe siècle, par challenger

Au XXe, les deux termes ont échappé au vocabulaire sportif ; on les relève notamment, comme leader, dans le lexique politique.

Que faut-il penser de ce challenge ?

Ne craignons pas d’être peu puriste, et refusons le tchallennnge ! De deux choses l’une. Ou bien on emploie le terme, mais il convient alors de le prononcer à la française, le réintégrant ainsi dans la langue qui l’a formé : un challenge. Ou bien on utilise un autre mot ; dans ce cas, défi, bravade, provocation, voire gageure ne sont pas mal du tout !

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Point de vue des économistes

Desprogres revient, ils sont devenus fous !

Il semble que la France soit désormais entrée en dictature :

C’est ce qu’on nous dit à longueur de chaînes en continu et c’est incontestable ; d’ailleurs deux experts indépendants, les Présidents Poutine et Xi Ping en sont convenus (ils en rient encore) …

Il faut donc, dans l’urgence, apporter une réponse à la hauteur de l’événement et de créer une nouvelle juridiction d’exception, dans le pays de droits de l’Homme :

Le haut  tribunal des flagrants délires.

 Seront appelés à comparaître celles et ceux dont l’absence manifeste de raison dans leurs  discours, leurs comportements ou leurs action, nécessitent d’être entendus sans délais, par cette instance populaire qui ne connaitra aucun chômage, c’est  garanti !

Certes, penseront quelques esprits chagrins, des juridictions d’exceptions on n’en manque pas dans notre doux pays où l’égalitarisme et le ressenti prospèrent plus vite que les faits : cour de justice, hauts conseils, hautes autorités, etc, … mais rien qui soit à la hauteur de ce que le très regretté Pierre DESPROGES, avait avec son complice Claude VILLIERS mis en place pour juger des suspects de délires, des prévenus  (dans tous les sens du mot), passés à la moulinette d’implacables réquisitoires du « procureur de la république Desproges français ».

La grande vertu de « ce tribunal des flagrants délires » aujourd’hui disparu, tenait en sa capacité à traiter par la seule sanction de l’humour, la vanité des hommes et des Institutions, méthode sans doute beaucoup plus efficace pour ouvrir l’indispensable prise de conscience sans risques du ridicule, finalité de l’opération.

Par précaution, puisque c’est aussi un principe, nous suggérons de concéder à la mode l’adjonction de l’adjectif « haut » à cette nouvelle juridiction comme toute instance qui se veut crédible auprès de l’opinion et de la classe politique.

Alors me direz-vous, pourquoi toute cette agitation ? Réponse : parce que manifestement nous sommes entrés dans l’urgence, et pas simplement sanitaire. En effet, on ne sait plus s’il faut en rire ou en pleurer, mais par ces temps de grandes perplexités scientifiques et de doutes existentiels, la seule certitude qu’il est possible de revendiquer sans risques d’être démenti c’est que  : « le déconomètre » fonctionne à plein  tuyau, comme l’avait déjà remarqué en son temps Courteline ! Prenons quelques exemples de l’actualité de la question :

Un Ministre de la République trainé en haute cour, après une perquisition inédite, dans sa forme et sa durée, de son Ministère, le tout pour avoir osé lancer une « enquête  administrative », initiée de surcroît par son prédécesseur, portée par son administration composée d’éminents magistrats contre des « collègues magistrats », syndicalistes corporatistes et en guerre  déclarée contre le Ministre …

On se dit que ce délire magistral mériterait un traitement original en dehors des canaux  traditionnels. Tout en se demandant si cela ne vaudrait pas mieux ne serait-ce que pour préserver les intérêts des contribuables (qui payent in fine la note) et pour éviter que les juges de la cour de justice ne deviennent les « idiots utiles » de cette procédure délirante censée apaiser la  susceptibilité agacée de cette caste judiciaire qui ne veut rien tant que s’ exonérer de toutes ses responsabilités professionnelles. Toute cette chaine judiciaire, vent debout, utilisant des moyens de perquisitions place Vendôme proches de ceux de la lutte contre le grand banditisme, ne serait-elle pas mieux employée à traiter les piles de dossiers en instance dont les délais sont ahurissants, qu’à chercher un délit de prise illégale d’intérêt chez son ministre de tutelle comme d’autres écrasent les  moustiques avec un marteau pilon ! Vous avez dit dictature ? Laquelle précisément ?

Si par ailleurs, vous écoutez les « antivax », qui seraient..  pour (si on leur demandait plus gentiment), ou les personnels soignants qui prétendent protéger leurs patients mais refusent ? Par doute ? de se vacciner, portent l’étoile jaune et font des comparaisons nauséabondes avec le système nazi, tandis que 4 millions de nouveaux candidats  à la vaccination  s’impatientent, alors … vous vous dites que si l’on marche pas sur la tête, ça y ressemble beaucoup !

Ce n’est pas non plus la belle unanimité inédite du front syndical Employeurs et Salariés contre l’arlésienne de la réforme des retraites (qui prend l’eau  de partout) et des régimes spéciaux, les plus inégalitaires au monde, qui peuvent vous rassurer…

En  désespoir de  causes, comme hélas ni Desproges ni Coluche ne semblent pouvoir se rendre disponibles, invitons un nouveau triumvirat à présider cette instance que j’appelle de mes vœux :

Laurent Gerra, Albert Dupontel et Dany Boon, dans le rôle des grands magistrats inquisiteurs seraient parfaits pour notre grand plaisir et nous faire retrouver sans tensions extrêmes, dans la dérision peut être, le sens de la mesure et de la raison.

Il ne suffit pas d’espérer pour entreprendre.« Esprit » de Desproges reviens nous vite ! Et rigolons un peu avant que « le mur des cons » nous tombe sur la tête !

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Point de vue des économistes

Les algorithmes font-ils la loi ?

Par Aurélie JEAN, l’Observatoire – 221 pages

Les algorithmes ont pris place dans le haut du palmarès des peurs montantes, générées par notre « nouvelle société numérique » dans laquelle nous sommes, sans doute, définitivement installés.

La crainte d’une perte de contrôle généralisée de nos vies liée à l’intelligence artificielle s’appuie notamment sur une méconnaissance des algorithmes qui rythment nos actes et les séquences de vie  dans leur quasi-totalité  (mobilité, santé, travail, etc. ) .

En outre, la difficulté de compréhension, et plus encore  la maîtrise de leurs subtilités ajoutent à la confusion qui touche à leur utilisation et au danger qu’ils sont supposés représenter. « Les algorithmes sont au cœur du processus de décision dits automatisés qui concluent parfois à notre place ou arbitrent sur notre futur…».

Aussi la question de leur régulation est-elle posée.

Aurélie JEAN s’interroge dans ce nouvel essai sur la nécessaire adaptation de la loi à ce nouveau contexte et au « Comment est-elle pensée, appliquée, voire utilisée au sein même du système judiciaire? ».

Avec le talent et le sens de la pédagogie qu’elle a su démontrer dans la publication de ses précédents ouvrages et dans ses développement très documentés, l’auteure montre que « … si les algorithmes ne peuvent pas faire la loi et  s’ils ne  disposent d’aucune personnalité juridique, ils l’influencent et en orientent désormais la pratique… ».

Il reste que les algorithmes sont comme la langue des hommes : « ..mal employés, ils deviennent une menace pour les principes de transparence et d’équité, mais, bien maitrisés, ils peuvent au contraire guider ceux qui font la loi et l’exercent dans une approche d’ égalité de traitement … ».

Aurélie JEAN plaide donc pour « des lois souples et anticipatrices qui ne sacrifient en rien le progrès et en les pensant dans la plus grande objectivité, scientifique, sociale et économique ». Cet objectif ne saurait être atteint sans des accords entre pays similaires permettant d’espérer une régulation mondiale et surtout en souhaitant « que la transparence inhérente à l’ exercice de la justice puisse rejoindre le champ des algorithmes afin de « … permettre  à chacun, citoyen ou législateur, de garantir l’harmonie, la justice et l’essor intellectuel au sein de nos sociétés … ».

Les réflexions d’Aurélie JEAN ouvrent le chemin d’un possible qui allie rigueur de l’analyse scientifique avec une vision  stratégique lumineuse. Un essai incontournable pour tout public, étudiants, chercheurs  et praticiens … que nous  sommes  tous… plus ou moins et souvent… à contre cœur.

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